Comment installer une fosse toutes eaux ?

Le verdict du SPANC est tombé : votre vieille fosse doit être remplacée. Ou vous construisez loin du tout-à-l’égout. Beaucoup cherchent alors comment installer une fosse septique, mais c’est une fosse toutes eaux qui figure sur tous les documents.

Sur le papier, il suffit d’enterrer une cuve. Sur le terrain, un ouvrage posé trop profond, une pente mal calculée ou une ventilation oubliée suffisent pour que le contrôleur refuse la conformité. Il faut rouvrir la fouille, et le budget dérape.

Une fosse toutes eaux réussie se joue sur trois décisions prises avant le premier coup de pelle : le volume, l’emplacement et la profondeur. Pas de panique, on vous explique tout : le fonctionnement de la fosse, le choix du modèle, le calcul des niveaux et les étapes à suivre.

Comment fonctionne une fosse toutes eaux ?

C’est la première étape d’un traitement efficace des eaux usées domestiques : une cuve enterrée qui reçoit toutes les eaux usées d’une maison, les eaux vannes des toilettes comme les eaux grises de la cuisine, de la salle de bains et du lave-linge. Les eaux usées provenant de chaque pièce sont acheminées vers la fosse par une seule canalisation. Les eaux pluviales n’y entrent jamais.

Son rôle est le prétraitement. Au fond de la fosse, les matières lourdes décantent et forment les boues ; les graisses remontent en surface, et des bactéries anaérobies liquéfient une partie de la matière organique. En sortie, un préfiltre retient les particules : les eaux prétraitées peuvent rejoindre le traitement.

Fosse septique et fosse toutes eaux : la vraie différence

La fosse septique traditionnelle ne recevait que les eaux des toilettes. Les eaux ménagères suivaient un autre circuit, via un bac à graisses. Les fosses toutes eaux, elles, collectent tout dans une seule cuve. On parle d’ailleurs souvent de fosse septique toutes eaux.

On lit que les fosses septiques sont « interdites depuis 2009 ». C’est plus nuancé. L’arrêté du 7 septembre 2009 impose, pour toute nouvelle installation, le traitement commun de l’ensemble des eaux usées : l’installation d’une fosse septique à l’ancienne n’est donc plus possible en construction neuve. Mais le texte admet encore le traitement séparé des eaux vannes « dans le cas de réhabilitation d’installations existantes conçues selon cette filière ». Une fosse septique en place n’est donc pas illégale d’office : c’est le contrôle du SPANC qui dit si elle doit être remplacée.

Quand elle doit l’être, on ne la « transforme » pas : on la vidange, on la neutralise, et elle est remplacée par la fosse toutes eaux neuve.

Pourquoi la fosse seule ne suffit jamais

Une fosse toutes eaux sans épandage n’est pas un assainissement individuel complet. La fosse ne fait qu’une partie du travail : l’eau qui en sort reste chargée, et il faut encore traiter les eaux usées dans un dispositif dédié. Selon l’étude de sol, ce sera des tranchées ou un lit d’épandage, un filtre à sable, un tertre d’infiltration ou un filtre compact.

Le choix de la filière de traitement des eaux usées précède toujours celui de la fosse, parce que c’est lui qui fixe l’emprise du chantier et les niveaux à tenir. Seule une micro-station d’épuration intègre son propre traitement.

Quel type de fosse choisir ?

Le volume de la fosse : des pièces principales, pas des habitants

C’est la confusion la plus fréquente. On cherche une « fosse pour 4 personnes », alors que la réglementation ne compte pas les occupants : elle compte les pièces principales, c’est-à-dire les pièces de séjour et de sommeil. La cuisine et la salle de bains n’entrent pas dans le calcul de la taille de la fosse.

La règle est fixée par l’arrêté du 7 septembre 2009 :

  • Jusqu’à 5 pièces principales : 3 m³ de volume utile au minimum, soit le modèle 3000l des catalogues.
  • Au-delà : 1 m³ de plus par pièce supplémentaire, donc 4 m³ pour 6 pièces et 5 m³ pour 7 pièces.

Un couple dans une maison de quatre chambres et un séjour occupe 5 pièces principales : la fosse se dimensionne sur la maison, pas sur la famille.

Béton ou plastique ?

Une fosse toutes eaux doit porter le marquage CE, qu’elle soit en béton ou en plastique. Le choix se fait sur le terrain :

  • Polyéthylène : légère, elle se manutentionne avec une mini-pelle et passe par un accès étroit. En contrepartie, elle craint la poussée de la nappe phréatique et doit être ancrée ou lestée dans les sols humides, comme les argiles de l’Eure-et-Loir.
  • Béton : son poids la stabilise face à l’eau du sol, mais il faut un engin de levage et un accès dégagé jusqu’à la fouille.

Les équipements autour de la fosse

  • Le préfiltre : souvent intégré, il protège le traitement du colmatage et assure le bon fonctionnement de tout le système. Il se nettoie deux à trois fois par an.
  • Le bac à graisses : préconisé au-delà de 10 m entre la maison et la fosse, posé à moins de 2 m de l’habitation, de 200 L pour la cuisine seule ou de 500 L pour toutes les eaux ménagères.

Où placer la fosse et à quelle profondeur ?

L'emplacement de la fosse

Le NF DTU 64.1 recommande de placer la fosse idéalement à moins de 10 m de l’habitation, hors de toute zone de circulation ou de stationnement, et accessible au camion de vidange.

Pour le dispositif de traitement, les distances sont fixées : plus de 5 m de tout ouvrage fondé, plus de 3 m des limites de propriété et plus de 35 m d’un captage d’eau déclaré. Évitez les arbres : leurs racines finissent par chercher l’eau des drains.

La profondeur se calcule, elle ne se choisit pas

Lors de l’installation d’une fosse, c’est le point que les guides passent sous silence : sa profondeur découle de la sortie des eaux usées de la maison, et elle décide de tout le chantier.

Tout part du fil d’eau, le point bas de la canalisation qui quitte l’habitation. De là, la conduite descend vers la fosse avec une pente de 2 à 4 % : sur 8 m, elle perd déjà 16 à 32 cm. La fosse impose ensuite sa propre hauteur, puis la sortie repart avec une pente de 0,5 à 1 % vers le traitement, qui doit lui-même rester à la profondeur prévue par l’étude.

Si la maison évacue bas, avec un sous-sol ou un vide sanitaire profond, toute la chaîne s’enfonce : la fouille peut dépasser 2 m, la nappe arrive, et le traitement se retrouve trop profond pour fonctionner. Il faut alors relever les eaux avec un poste de relevage.

Seul un relevé des niveaux sur place, avant le devis, dit si l’écoulement reste gravitaire jusqu’au rejet ou s’il faut une pompe.

Comment poser une fosse toutes eaux : les étapes à suivre

Étape 1 : faire valider le projet

Toute installation commence par l’étude de filière d’un bureau d’études : nature du sol, perméabilité, présence d’une nappe, choix et dimensionnement du traitement. Le dossier part ensuite au SPANC pour l’examen préalable de la conception. Aucun coup de pelle avant l’avis favorable.

Étape 2 : implanter et relever les niveaux

On repère la sortie des eaux usées, on piquette les ouvrages et on reporte les cotes du projet sur le terrain.

Étape 3 : terrasser la fouille

La fouille est plus large que la cuve pour permettre le remblai latéral, et son fond se dresse à la bonne cote, sans point dur. Au-delà de 1,30 m de profondeur, les parois doivent être talutées ou blindées.

Étape 4 : poser la fosse sur son lit de sable

On étale 10 cm de sable compacté, parfaitement horizontal, puis on descend l’ouvrage de niveau, à la mini-pelle et aux élingues. Si l’eau remonte dans la fouille, il s’ancre ou se leste selon la notice du fabricant.

Étape 5 : raccorder les canalisations

Les canalisations en PVC se raccordent avec des joints souples, en respectant les pentes : 2 à 4 % entre la maison et la fosse, 0,5 à 1 % entre la fosse et le traitement.

Étape 6 : remblayer et remplir la fosse

Il faut remplir la fosse d’eau claire au fur et à mesure du remblai, pour équilibrer la poussée des terres. Le remblai latéral se fait en sable compacté, par couches successives et symétriques autour de la fosse.

Étape 7 : installer la ventilation

La fosse produit des gaz qui doivent sortir au-dessus du toit. Il faut une entrée d’air, assurée par la chute des eaux usées prolongée en toiture, et une extraction en diamètre 100 mm, raccordée à la sortie de la fosse, après le préfiltre, et coiffée d’un extracteur statique ou éolien. Elle débouche à 40 cm au-dessus du faîtage et à 1 m au moins de tout ouvrant ou autre ventilation.

Étape 8 : faire contrôler avant de recouvrir

Le contrôleur vient vérifier l’exécution pendant que tout est visible : raccords, pentes, ventilation, traitement. Ne recouvrez rien avant son passage, sinon cette installation ne pourra pas être déclarée conforme. On termine ensuite en terre végétale, tampons de visite apparents.

Que dit la réglementation de l'assainissement individuel ?

Trois textes encadrent la mise en place d’une fosse toutes eaux :

  • L’arrêté du 7 septembre 2009 modifié fixe les prescriptions techniques : traitement commun, volume minimal, ventilation, regards accessibles.
  • Le NF DTU 64.1, dans sa version d’août 2013, décrit les règles de mise en œuvre : pentes, lit de pose, remblai, distances.
  • L’arrêté du 27 avril 2012 organise les contrôles : examen de la conception avant les travaux, puis vérification de l’exécution avant le remblaiement.

L’entretien reste à la charge du propriétaire : la vidange doit intervenir avant que les boues dépassent 50 % du volume utile, soit en moyenne tous les quatre ans, par un vidangeur agréé. Les signes qui doivent alerter sont détaillés dans notre article sur la fosse septique pleine.

Enfin, en cas de vente, si l’assainissement non collectif est déclaré non conforme, l’acquéreur doit faire réaliser les travaux de mise en conformité dans un délai d’un an après l’acte de vente (article L271-4 du code de la construction et de l’habitation).

Quel budget prévoir ?

Le prix d’une fosse toutes eaux est la plus petite partie du devis. Ce qui fait varier le coût d’une installation de fosse :

  • la filière de traitement retenue par l’étude de sol, qui pèse plus lourd que la fosse elle-même ;
  • la profondeur de pose, les rehausses et le blindage éventuel de la fouille ;
  • la présence d’une nappe : pompage, ancrage ou lestage ;
  • la longueur des canalisations et l’ajout éventuel d’un bac à graisses ;
  • un poste de relevage si l’écoulement ne peut pas rester gravitaire ;
  • l’accès des engins et l’évacuation des terres ;
  • la neutralisation de l’ancienne fosse en réhabilitation ;
  • la remise en état du jardin.

Côté aides, l’éco-prêt à taux zéro couvre la réhabilitation d’un assainissement non collectif par des dispositifs qui ne consomment pas d’énergie, ce qui est le cas d’une fosse suivie d’un traitement par le sol. Il concerne les résidences principales achevées depuis au moins deux ans.

FAQ : vos questions fréquentes

Combien coûte l'installation d'une fosse toutes eaux ?

Il n’existe pas de prix unique, car la fosse n’est qu’une partie du chantier. Le devis dépend surtout de la filière de traitement, de la profondeur de pose et de l’accès au terrain.

Est-il possible d'installer une fosse toutes eaux soi-même ?

Oui, c’est admis : certains SPANC prévoient ce cas dans leurs formulaires, avec une attestation sur l’honneur du propriétaire. Le projet doit quand même être validé par le SPANC et contrôlé avant remblai, et le particulier assume seul les pentes, la stabilité de la fouille et la conformité, sans garantie décennale.

Quels sont les inconvénients d'une fosse toutes eaux ?

Elle demande un traitement à l’aval, donc de la surface de terrain. Elle impose aussi une vidange régulière, le nettoyage du préfiltre et une ventilation en toiture. Enfin, la zone de la fosse et du traitement ne doit jamais supporter de véhicules.

Quelles sont les normes pour la pose d'une fosse toutes eaux ?

Elle suit l’arrêté du 7 septembre 2009 modifié et le NF DTU 64.1 : lit de sable de 10 cm, pentes de 2 à 4 % en amont, remblai en sable avec mise en eau simultanée et ventilation au-dessus du toit.

Quelles distances faut-il respecter autour d'une fosse toutes eaux ?

La fosse toutes eaux doit être placée idéalement à moins de 10 m de la maison. Le traitement doit rester à plus de 5 m de tout ouvrage fondé, à plus de 3 m des limites de propriété et à plus de 35 m d’un captage d’eau déclaré.

Un projet de fosse toutes eaux ?

Bien posée, une fosse se fait oublier pendant des décennies. Mal calée, elle se rappelle à vous dès le premier hiver.

Chez JVCTP, nous réalisons les travaux d’assainissement de A à Z : relevé des niveaux, terrassement, pose de la fosse et du traitement, raccordements et remise en état. L’hiver est le bon moment pour monter le dossier et réserver le chantier du printemps, quand les sols se ressuient.

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